Témoignages

Dyslexie dysorthographie

Témoignage d’une maman très combative

La dyslexie et le parcours du combattant des parents

Voici la réaction d’une maman sur l’article du 20 mars 2015 dans le Figaro « Haro sur les dyslexiques » ...

 » ….et là, installé au fond de la classe, son bureau dans le sens opposé des autres élèves. Je ne dis rien, je sors le cœur déchiré. »

Dyslexie témoignage: « Chaque médecin ou spécialiste que nous voyons nous propose de voir quelqu’un d’autre, de faire tel examen ou de faire tel test, etc. etc…» Tout à commencé lorsque mon fils était en maternelle. Dès sa première année, nous avons été convoqué par la maîtresse « spécialisée ». Sam ne s’exprime pas correctement et a des problèmes d’attention. Je viens alors en classe pour observer l’attitude de mon fils. Je constate en effet qu’il ne s’intéresse pas du tout au long « charabia » de la maîtresse. Il est très sage. Il essaie de faire les choses, mais n’écoute pas vraiment les consignes. Il faut dire que les explications de la maîtresse n’en finissent pas. Les enfants sont nombreux dans cette classe à deux niveaux. Ils sont souvent assis par terre afin d’écouter toutes les consignes données pour chaque groupe.

Sam est un enfant qui aime jouer, bouger, sauter et courir à l’extérieur. Je comprend à ce moment là, que ce n’est pas facile pour lui de rester très attentif. Ayant assisté durant plusieurs jours aux cours, j’ai moi- même pensé que la manière d’enseigner ces enfants était ennuyeuse, rébarbative. Mais puisque la majorité des enfants avaient l’air de bien s’en sortir, j’ai admis que la maîtresse spécialisée avait raison : mon fils a un problème.

C’est alors que commence un parcours du combattant. ORL, ophtalmologue, orthoptiste, orthophonistes, psychologues, pédopsychiatre,  pédiatre, psychomotricien,  examens médicaux : prises de sang, encéphalogramme, IRM, et bien d’autres….Notre vie devient une longue succession de rendez vous à droite et à gauche. Certains parlent d’hyperactivité, de troubles envahissants du développement, d’autres ne sont pas d’accord. Lors de tous ces rendez-vous, nous subissons de longs interrogatoires sur notre vie. Nous traversons des moments terribles : déprime, sentiments de culpabilité et de solitude.

Nous n’acceptons pas de voir notre fils ainsi. Nous avons du mal à accepter toute cette agitation autour de lui. Nous comprenons que nous sommes entrés dans une spirale infernale et nous n’arrivons plus à en sortir car chaque médecin ou spécialiste que nous voyons nous propose de voir quelqu’un d’autre, de faire tel examen ou de faire tel test, etc etc…..

De notre côté, nous essayons toutes sortes de médecines douces pour tenter d’améliorer la concentration de Sam. Nous voyons un homéopathe qui prescrit un traitement de plusieurs mois. Puis nous voyons une massothérapeute, un ostéopathe, un kinésithérapeute…..

Malgré toutes les prises en charges, Sam redouble son CP car il ne sait pas lire et il à d’énormes difficultés pour écrire. Durant sa première année de CP, la maîtresse ne sais pas trop ce qu’elle doit faire de Sam. Elle tente de le faire travailler un peu mais très vite elle l’envoie au fond de la classe pour jouer aux legos.

Dés le début de sa deuxième année de CP, une auxiliaire de vie est accordée pour notre fils, à raison de dix heures par semaine. Pour cela, on lui attribue aussi une carte, avec un taux d’ handicap à cinquante pour cent. La maîtresse met en place un programme particulier. Elle essaie une méthode qui consiste à faire des signes gestuels pour chaque lettre de l’alphabet. Nous devons nous aussi (les parents) apprendre cette sorte de langage des signes pour aider notre fils à la maison.

Un jour, en allant voir la maîtresse en classe, je constate que Sam est installé au fond de la classe dans un coin. Son bureau est disposé dans le sens opposé des autres élèves. En fait, il tourne le dos, au restant de la classe. Il a devant lui, un mur et un tableau ! La maîtresse m’explique alors, qu’ainsi, il peut mieux se concentrer, et qu’il est moins distrait pour travailler. Je suis tellement choquée à ce moment là, que je ne dis rien et je pars de l’école le cœur déchiré.

Lorsque plus tard, j’en parle à la maîtresse, elle me dit alors, que Sam, préfère être ainsi séparé des autres. A l’école, notre fils rencontre des difficultés avec d’autres élèves. Nous découvrons aussi, qu’étant différents des autres, pose des problèmes de toutes sortes….

A la fin de sa deuxième année de CP, Sam ne lit pas, et donc, n’écrit quasiment rien. Il lui est impossible d’écrire, ne serait-ce que la date. Il sait tout juste écrire son prénom. Maman de deux grandes filles qui n’ont pas eu de difficultés majeures à l’école, je suis complètement désespérée. En proie à d’énormes sentiments de doutes et de désarroi, nous continuons à faire tout ce qu’on nous demande.

Sam passe quand même en CE 1. Il est placé tout au fond de la classe avec son auxiliaire de vie. Je demande à ce qu’il soit plus vers l’avant. Demande refusée, car se serait trop compliqué avec l’AVS. On me dit, qu’au fond, c’est plus pratique, car juste à côté, il y a un ordinateur….
C’est sûr, c’est pratique (surtout pour la maîtresse) car lorsque que Sam à terminé son « petit travail » adapté à ses difficultés, il peut jouer sur l’ordinateur avec des jeux éducatifs, installés par la maîtresse spécialisée.
Nous nous disons, qu’il faut essayer, que cela va sûrement l’aider, sauf que nous nous rendons compte au fil du temps, que Sam est souvent sur l’ordinateur, et que finalement, la maîtresse n’a pas le temps de s’occuper de lui. En milieu de l’année, nous lui demandons comment se passe la lecture avec notre fils et elle répond qu’elle ne l’a jamais fait lire. Elle n’a pas le temps. Forcément, en CE 1, on n’apprend plus la lecture !

Sam poursuit ses cours d’orthophonie. Il change d’orthophoniste qui le prend maintenant deux fois par semaine et même pendant les vacances. Il ne sait toujours pas lire. En fin de CE 1, il est diagnostiqué dyslexique. C’est bizarre, je ressens un soulagement car enfin, un mot est posé sur les souffrances de notre fils. Oui je dis bien « souffrances »! car Sam a subit tellement de choses à cause de ses difficultés d’apprentissage !! Il est difficile de tout raconter. Nous n’expliquons pas ici tous les soucis que nous avons rencontrés, ne serait-ce, pour avoir une auxiliaire de vie sérieuse, qui se préoccupe vraiment des difficultés de notre garçon….

Fin d’année du CE 1, lors de la réunion à l’école, personne ne comprend pourquoi Sam ne lit que quelques syllabes. Il ne lit que des mots simples, comme papa et maman. A chaque réunion éducative, au moins 3 par an, sont présents: le directeur de l’école, la maîtresse, la maîtresse spécialisée de l’école, la maîtresse spécialisée itinérante, la psychologue de l’école, l’orthophoniste, l’auxiliaire de vie, l’infirmière du C A T T P du centre thérapeutique, et parfois d’autres personnes encore, et nous, les parents.

A la maison, nous ne le faisons plus lire. Nous avons beaucoup de mal pour lui faire apprendre ses leçons. Parfois, lorsqu’il me voit prendre un livre, il se sauve. Nous ne savons plus quoi faire et parfois nous sommes vraiment découragés…. Malgré ses grandes difficultés scolaires, toute l’équipe de l’école décide de le faire passer en CE 2, car apparemment, Samuel fait quand même des progrès, et tout le monde est unanime pour dire qu’il est intelligent. Il est un élève agréable, docile. Par contre personne ne se préoccupe du bilan de l’orthophoniste. Personne ne parle de son problème de dyslexie dysorthographie. Chacun se fait sa petite idée de Samuel sans apporter une vraie solution.

Début du CE 2, Samuel reprend l’école sans grande conviction. Il appréhende énormément l’année qui commence. La maîtresse me fait bonne impression, et semble disposée à faire tout ce qu’elle peut, pour aider Sam. Elle accepte qu’il soit placé devant. Elle nous rassure, en nous disant qu’il ne faut pas hésiter à la solliciter au moindre souci. Malheureusement, très vite, nous allons déchanter, car Sam ne veut plus aller à l’école. Il y a tellement de « médiatisation » autour de lui, que très vite il est complètement démotivé.

Je m’explique : dès le début de l’année, la maîtresse spécialisée itinérante, vient le chercher, pour le faire travailler individuellement en dehors de la classe, et cela au moins deux fois par semaine. La maîtresse spécialisée de l’école vient le chercher aussi pour évaluer la dyslexie dysorthographie. Il y a toujours les cours avec l’orthophoniste et une fois par semaine il va dans un centre spécialisé avec des infirmières et des psychologues. Il y fait aussi de la psychomotricité. En classe, il ne suit pas les cours comme les autres enfants. La maîtresse lui donne du travail « adapté » à ses difficultés.

Très vite Sam ne voit plus du tout l’intérêt d’aller à l’école. La situation devient vraiment critique. Pour ne rien arranger, il est souvent malade. Allergies, bronchites et asthme, sont au programme. Nous sommes régulièrement chez le médecin. Je me sens dépassée par les événements, et je me confie à une de mes soeurs qui m’encourage à rechercher sur internet quelque chose qui pourrait nous renseigner sur la dyslexie. C’est alors que je découvre le site de Dyseurope, avec sa méthode, ‘Vaincre la Dyslexie ». Je commence à lire et je n’ose y croire. Après tout ce qu’on vient de traverser, je me dis que c’est trop beau pour être vrai. Le lendemain, j’en parle à mon mari. Sans hésiter une seconde, il est partant pour essayer. Nous prenons contact avec Dyseurope et avec Mme Merlivat qui n’hésite pas à nous rappeler pour nous expliquer la conduite à tenir. Elle sait de quoi il s’agit exactement, et nous assure que, si nous suivons scrupuleusement la méthode, il y aura rapidement du résultat. Nous reprenons espoir.

Rapidement nous commençons le travail avec cette méthode. Chaque soir une petite durée, et cela le plus régulièrement possible. Étonnamment, Sam accepte les conseils de Mme Merlivat. Elle est très pédagogue, et elle possède une patience extraordinaire. Le cas de Sam est difficile et nous avons tellement besoin d’une aide concrète. Petit à petit nous découvrons que les lacunes de notre fils sont considérables. La méthode nous montre à quel point les difficultés de Sam sont immenses ! En même temps nous nous rendons compte que notre fils commence à vraiment apprendre et à retenir ce qu’il apprend !

En quelques semaines, nous sommes convaincus de l’efficacité de cette méthode. Sam retrouve l’envie d’aller à l’école. Progressivement, il se met à travailler. Il se fait des copains maintenant et les copains viennent vers lui. Il nous demande, qu’on lui achète un livre d’Astérix et Obélix. Il essaie de lire les affiches publicitaires dans les rues, et il s’intéresse aux couvertures de magazine. C’est un pas énorme pour nous car la seule vue d’un livre le faisait fuir quelques semaines auparavant.

A l’heure d’aujourd’hui, Sam a fait d’énormes progrès! Il lit de mieux en mieux. Il est capable de recopier un texte avec une écriture très correcte. Il se rend compte maintenant de tout ce qu’il peut faire grâce à la lecture. Il s’intéresse désormais aux autres matières, telles que la science, l’histoire et la géographie. Petit à petit, il a repris confiance en lui, et il est capable d’effectuer un devoir sans l’aide de personne. Il apprécie davantage l’école, car il a de biens meilleures appréciations.

Je repense souvent à ce que le directeur de son école me disait l’année dernière :  » de toute manière il sera toujours dyslexique !  » Il prétendait que si l’enfant progresse cela reste très lent et qu’au final il reste toujours dyslexique. C’était des propos négatifs et décourageants. Même la maîtresse disait à mon fils :  » c’est bien, tu as progressé, mais si nous ne continuons pas de t’aider, l’école et l’orthophonie, tu ne progresseras plus. » Comment pouvaient-ils affirmer cela, alors que quatre années de leur soi-disant aide, n’a strictement rien apporté à notre enfant ?

Est-il permis à des enseignants, d’avoir des propos aussi peu constructifs ? Comment ne pas être profondément indigné et choqué par des sarcasmes outrageants venant de soi-disant « professeurs », tels que ceux rapportés dans Le Figaro du 20 mars dernier ?!! « Haro sur les dyslexiques » ou encore l’article de  dans le Nouvel OBS du 26 mars. Désolée, mais ces gens là, ne sont pas des exemples pour les autres enfants ! Au contraire, ces gens là apprennent à nos enfants l’intolérance. Ne sommes-nous pas ici confrontés à une forme de harcèlement ?!

Quant à la dyslexie dysorthographie et étant maman d’un enfant dyslexique en voie de guérison, je peux vous dire que la lecture d’un tel témoignage nous interpelle sur l’intégrité et le savoir-faire de certains « enseignants »!! C’est facile de dénigrer un enfant en difficulté dans le dos de leurs parents, mais ce n’est ni courageux ni intelligent ! C’est une honte et sûrement pas un savoir-faire ! Il est temps de remettre en question certaines méthodes dites « éducatives » dans le milieu scolaire. Lorsque les plans d’aides personnalisés pour ces enfants ne fonctionnent pas pourquoi s’acharner ? Pourquoi s’obstiner au lieu de reconnaître que ces programmes peuvent échouer et même faire plus de torts que de biens à nos enfants dyslexiques.

Je parle en connaissance de cause. Je le dis et je le répète : il existe une méthode qui a aidé mon fils à sortir de très grosses difficultés ! Cette méthode existe et elle fonctionne ! Il vous suffit de suivre les instructions et d’avoir un minimum de volonté.

Un petit mot aux parents : Ne baissez pas les bras, même lorsque vous êtes découragés ! Avoir un en enfant dyslexique, n’est pas de tout repos mais n’oubliez pas qu’il reste un enfant intelligent. Ce n’est pas facile mais ce n’est pas impossible. Petit à petit, avec l’aide de cette méthode, de Dyseurope et de Madame Merlivat vous pouvez vaincre la dyslexie. Aidez votre enfant, encouragez-le. Félicitez-le à chaque progrès. Bientôt la dyslexie ne sera plus qu’un mauvais souvenir ! Et plus que tout, envers et contre tous : aimez-le !

Merci de m’avoir lu. Bon courage !

Adeline G (NC)

lecture
+33 3 62 27 61 84


Vaincre la dyslexie avec les parents